"Le Cube" : dans les coulisses de l'enseignement supérieur privé
Imaginez la situation. Un étudiant investit entre 30 000 et 50 000 euros dans ses études… pour ensuite éviter de mentionner son école sur son CV. Cela paraît absurde. Pourtant, ce scénario existe. Et il n’est pas marginal. Une enquête menée pendant deux ans par la journaliste Claire Marchal, basée sur plus de 150 témoignages et des centaines de documents internes, met en lumière une réalité dérangeante : une partie de l’enseignement supérieur privé fonctionne aujourd’hui comme une industrie financière, où la logique de rentabilité peut parfois prendre le dessus sur la logique pédagogique. Attention : cela ne veut pas dire que tout le privé est mauvais. Mais cela veut dire qu’il faut savoir faire la différence entre les bons acteurs… et les autres.
2/13/20264 min read
Quand la logique financière prend le dessus sur la pédagogie
L’enquête s’intéresse notamment à Galileo Global Education, l’un des leaders mondiaux du secteur.
Dans cette organisation, le pilotage peut parfois ressembler à celui d’une entreprise classique : indicateurs de performance, objectifs de croissance, rentabilité par campus. Dans ce type de modèle, le risque est simple : l’étudiant peut progressivement être considéré non plus comme un apprenant… mais comme une source de revenu.
Encore une fois : ce n’est pas une règle générale. Mais c’est une réalité documentée dans certains cas.
Le piège le plus fréquent : la confusion entre diplômes d’État et titres RNCP
C’est probablement le point le plus important pour les familles. Certaines écoles privées vendent des “Bachelor” ou des “Mastère” qui ne sont pas des diplômes d’État, mais des titres RNCP enregistrés auprès de France Compétences. Et la différence est majeure. Un diplôme d’État dépend du ministère de l’Enseignement supérieur. Un titre RNCP dépend du ministère du Travail.
Dans certains cas, cela peut poser trois problèmes majeurs :
La poursuite d’études à l’université n’est pas toujours garantie.
La certification valide un niveau de compétence, mais pas la qualité pédagogique réelle.
Dans certains groupes, des titres peuvent être mutualisés entre écoles pour compenser la perte d’accréditations.
C’est là que beaucoup de familles se font piéger.
Tout ce qu'il faut savoir sur les titres RNCP se trouve dans cet article : RNCP, ministère du Travail : ce que les familles doivent vraiment comprendre.
La pression commerciale : le moment où il faut se méfier
Autre point très documenté : l’agressivité commerciale de certains acteurs. Dès qu’un étudiant télécharge une brochure, il peut devenir un “prospect” rappelé plusieurs fois par des équipes commerciales.
La stratégie repose souvent sur l’angoisse liée à l’orientation, notamment autour de Parcoursup. Certaines écoles proposent des inscriptions très tôt dans l’année pour “sécuriser” les étudiants… et rendre psychologiquement difficile tout retour en arrière.
Le problème, c’est aussi que plus l’investissement financier est lourd, plus il devient difficile de quitter la formation si elle ne correspond pas aux attentes.
Je vous invite à lire cet article pour mieux comprendre comment ces écoles comptent vous attirer :
Comment certaines écoles attirent leurs étudiants : stratégies et ficelles du recrutement.
Le vrai nerf de la guerre : les coûts pédagogiques
Dans certains modèles très financiers, la variable d’ajustement devient le coût des enseignants. Moins de CDI. Plus d’intervenants ponctuels. Parfois d'anciens étudiants recrutés comme intervernants sans vraie formation pédagogique.
Résultat possible : turnover élevé, perte de continuité pédagogique, et expérience étudiante dégradée. Encore une fois : ce n’est pas le cas partout. Mais c’est un signal d’alerte quand on analyse une école.
L’apprentissage : formidable opportunité… ou dérive possible
La réforme de 2018 a transformé l’apprentissage en formidable levier d’accès aux études. Mais elle a aussi attiré massivement des acteurs financiers. La réforme portée par Muriel Pénicaud a ouvert un système très financé par l’État. Certains groupes s’y sont engouffrés.
Des profils politiques et administratifs comme Martin Hirsch ou Benoît Ribadeau-Dumas ont ensuite rejoint certains groupes privés, renforçant leur crédibilité institutionnelle.
Le problème n’est pas l’apprentissage en lui-même — qui reste une voie exceptionnelle pour les étudiants. Le problème est l’usage qui peut en être fait par certains acteurs.
L'alternance reste une formidable opportunité de financer sa scolarité dans les meilleures écoles de commerce : Alternance en école de commerce : le “cheatcode” méconnu pour financer un PGE du Top 10.
Le silence des étudiants : un problème rarement évoqué
Un autre phénomène existe : beaucoup d’étudiants n’osent pas parler. Pourquoi ? Parce que l’école devient leur “marque” professionnelle. Critiquer la formation, c’est risquer de dévaloriser son propre diplôme.
On observe même des situations où des étudiants issus d’écoles préfèrent parfois cacher leur parcours face à des recruteurs. C’est révélateur d’un malaise réel dans certaines formations.
Le vrai message à retenir pour les familles
Le privé n’est pas le problème. Il existe d’excellentes écoles privées en France. Le problème, c’est la complexité du marché et l’asymétrie d’information. Avant de choisir une formation, il faut toujours vérifier :
Le diplôme est-il visé par l’État ?
Donne-t-il le Grade de Master ?
L’école est-elle membre de la Conférence des Grandes Écoles ?
Que deviennent les diplômés sur LinkedIn ?
Ce sont des réflexes simples… mais essentiels.
La reconnaissance internationale de l'école est aussi un critère clé : Pourquoi viser une école de commerce avec la triple accréditation ?
Conclusion
L’enseignement supérieur est devenu un marché extrêmement complexe. Certaines écoles forment très bien leurs étudiants. D’autres sont devenues des machines commerciales extrêmement performantes. Le problème, c’est que sur une brochure, la différence est souvent invisible.
Et c’est précisément pour cela que l’orientation stratégique est devenue aussi importante que le choix de la formation elle-même.
Et cela s'anticipe : Construire son avenir ne s’improvise pas : l’importance d’anticiper l’orientation.
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C’est exactement le rôle de l’accompagnement Objectif Sup de Co : analyser les écoles, décrypter les diplômes et construire une stratégie d’orientation cohérente et sécurisée.
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