Faire carrière en finance : le rôle décisif (et souvent sous-estimé) de votre diplôme
La finance fait rêver. Entre l’image véhiculée par les films, les salaires élevés, le prestige des grandes banques et des fonds d’investissement, beaucoup d’étudiants s’imaginent que la motivation, la passion pour les chiffres et le travail acharné suffiront à se faire une place. C’est une erreur. Pas parce que la finance est réservée à une élite. Mais parce que, pour certains métiers très convoités (M&A, Private Equity, Trading, Global Markets), le diplôme joue un rôle de filtre absolument déterminant. En France, plus que dans beaucoup d’autres pays, votre formation n’est pas seulement un bagage académique. C’est une étiquette qui détermine très tôt à quel niveau du jeu vous allez pouvoir entrer. Cet article n’a pas pour but de décourager. Il a pour but de vous donner une lecture lucide des règles du jeu, pour que vous puissiez faire les bons choix d’orientation dès le départ.
2/4/20264 min read
Le mythe des « mille chemins » pour arriver en finance
On entend souvent : « Il y a plein de voies : fac, IAE, écoles de commerce, écoles d’ingénieurs… si tu es bon, tu y arriveras. » C’est vrai… mais pas pour tous les métiers de la finance.
Il existe une différence majeure entre :
travailler en audit, contrôle de gestion, finance d’entreprise « classique »,
et viser des postes en M&A, Private Equity, Trading, Structuration ou Global Markets.
Dans le premier cas, de nombreuses formations permettent d’y accéder. Dans le second, le nombre de formations réellement reconnues par les recruteurs est très limité. La question n’est donc pas seulement : voulez-vous travailler en finance ? La vraie question est : à quel niveau voulez-vous jouer ?
Pourquoi, en finance, le diplôme est un filtre industriel
Les grandes banques d’affaires et les fonds d’investissement reçoivent des milliers de candidatures pour quelques dizaines de stages. Le tri ne peut pas être artisanal. Il est industriel. Et ce tri commence par le nom de votre école ou de votre Master. C’est une question d’efficacité pour le recruteur. Quand il doit sélectionner 30 CV sur 3 000, il commence par ceux qui viennent des formations qu’il connaît, qui ont déjà placé des étudiants chez lui, et dont il sait qu’ils ont le niveau académique attendu.
Le premier recruteur n’est pas humain : c’est un logiciel
Avant même qu’un recruteur lise votre CV, celui-ci passe par un ATS (Applicant Tracking System). Ce logiciel scanne automatiquement :
votre école,
votre diplôme,
votre spécialisation.
Si votre formation ne fait pas partie des « écoles cibles », votre CV peut ne jamais arriver jusqu’à un humain. C’est pour cette raison que, dans ce secteur, le prestige académique joue un rôle aussi fort : il permet simplement de passer le premier filtre.
Les formations qui ouvrent naturellement les portes des métiers d’élite
Un nombre très restreint d’établissements sont identifiés par les recruteurs comme des viviers naturels pour ces métiers :
HEC Paris (Programme Grande École)
Polytechnique, CentraleSupélec
Les écoles d’application prestigieuses (Mines, Ponts, ENSAE, ENS)
Dauphine (Masters 203, 225, Magistère MBFA)
Certains Masters très ciblés comme le Master in Finance d’HEC
Ces formations ne garantissent pas un poste. Mais elles garantissent une chose essentielle : être considéré d’emblée comme légitime.
Je parle d'ailleurs de l'université Paris Dauphine dans l'article suivant : Dauphine : une alternative crédible aux écoles de commerce.
Ingénieurs vs écoles de commerce : une réalité souvent méconnue
Beaucoup d’étudiants pensent spontanément aux écoles de commerce pour la finance. Pourtant, sur les métiers de marché (trading, structuration, quant) et même de plus en plus en M&A, les profils d’ingénieurs dominent largement. Pourquoi ? Parce que la capacité à manipuler des outils mathématiques complexes, à modéliser, à analyser des produits financiers sophistiqués est centrale.
Si vous n’êtes pas à l’aise avec les mathématiques, certains segments de la finance vous seront, de fait, presque fermés.
Et les autres écoles de commerce ou universités ?
Cela ne signifie pas que tout est perdu si vous n’êtes pas dans ces formations. Mais cela signifie que le diplôme ne vous donnera aucun avantage structurel.
Des écoles comme l’EDHEC, l’EM Lyon, l’ESSEC ou l’ESCP restent d’excellentes voies. D’autres écoles (Skema, Audencia, Neoma…) ou certains Masters universitaires demandent, eux, un effort beaucoup plus important sur :
les stages,
le réseau,
la préparation technique,
la stratégie de candidature.
Le diplôme ne ferme pas la porte. Il ne l’ouvre simplement pas tout seul.
La stratégie de « rattrapage » : AST et Masters spécialisés
Heureusement, le système français permet des réajustements stratégiques. Deux leviers sont particulièrement puissants :
Les Admissions sur Titre (AST) pour intégrer une Grande École après un Bac+2/Bac+3
Les Masters spécialisés / Masters in Finance dans les écoles du Top 3
Ces parcours permettent d’ajouter sur votre CV le nom d’une grande école, ce qui change radicalement la manière dont votre candidature est perçue. Ce n’est pas un détail. C’est souvent un accélérateur de carrière majeur.
💡A lire : Masters spécialisés : bonne idée… ou dépense inutile ?
Le diplôme ouvre la porte. Le reste dépend de vous.
Attention : le diplôme ne fait pas tout. Une fois la porte passée, ce sont vos stages, votre niveau technique, votre réseau et votre travail qui feront la différence. Mais sans le bon diplôme, dans certains segments de la finance, la porte peut rester fermée… malgré toute votre motivation.
Cette thématique avait déjà été évoquée sur Objectif Sup de Co : Le classement de ton école de commerce : un tremplin… mais pas une fatalité.
Conclusion : avant de choisir une formation, choisissez le niveau auquel vous voulez jouer
Il y a de la place pour tout le monde en finance. Mais il n’y a pas les mêmes règles pour tous. Si vous visez l’audit, le contrôle de gestion ou la finance d’entreprise classique, beaucoup de formations conviennent parfaitement. Si vous visez le M&A élitiste, le Private Equity ou les marchés financiers, alors votre stratégie académique devient déterminante dès le post-bac. Votre premier vrai « deal financier », c’est le choix de votre diplôme.
🎯 Vous visez une carrière en finance et vous ne savez pas quelles formations vous ouvrent réellement les bonnes portes ?
C’est exactement le type de réflexion stratégique que nous menons dans l’accompagnement Objectif Sup de Co : choisir les formations qui correspondent vraiment à votre objectif de carrière, et éviter celles qui ferment des portes sans que vous le sachiez.
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