Écoles de commerce post-bac : et si on les jugeait sur le niveau réel des étudiants ?
Chaque année, les classements des écoles de commerce occupent le devant de la scène. L’Étudiant, Le Figaro, Challenges… tous proposent leur propre hiérarchie, fondée sur des critères bien connus : accréditations, salaires à la sortie, ouverture internationale ou encore production académique. Mais ces classements passent souvent à côté d’un élément pourtant fondamental : le niveau des étudiants qui intègrent réellement ces écoles. Car au fond, une école n’est pas seulement une marque ou un programme. C’est aussi — et surtout — des étudiants. Et leur niveau en dit souvent long sur la valeur réelle de la formation. C’est précisément cette logique que j’ai voulu appliquer aux écoles de commerce post-bac, en m’inspirant de la philosophie du SIGEM pour les grandes écoles post-prépa : une école vaut aussi par les candidats qu’elle attire et qu’elle parvient à recruter.
5/8/20263 min read


Un classement à partir des données Parcoursup
Pour construire cette analyse, je me suis appuyé sur les données publiques de Parcoursup 2025. Ces données, en libre accès, permettent d’obtenir une vision très concrète du profil des étudiants admis dans chaque formation.
Si tu veux comprendre comment utiliser cet outil en détail, je t’invite à lire mon article : Open Data Parcoursup : l’outil (méconnu) pour faire des vœux intelligents.
L’approche retenue est volontairement simple : observer les mentions obtenues au baccalauréat par les néo-bacheliers admis, en particulier les mentions Bien et Très Bien. Ces indicateurs, imparfaits mais parlants, permettent d’approcher le niveau académique global d’une promotion.
Précision importante : la procédure Parcoursup ayant lieu avant les résultats du bac, il s’agit ici d’un indicateur a posteriori. Autrement dit, on observe après coup le niveau réel des élèves qui ont été sélectionnés.
J’ai également fait le choix de ne retenir que les formations présentes sur Parcoursup (ainsi le bachelor d'HEC n'est pas présent dans ce classement) et accueillant un volume d’étudiants suffisant pour que les statistiques soient pertinentes.
Ce que révèle le classement
En classant les programmes selon la part d’étudiants ayant obtenu au minimum une mention Bien, une hiérarchie assez nette se dessine.
L’ESCP et l’ESSEC dominent largement, avec près de 80 % d’étudiants ayant obtenu une mention Bien ou plus. L’EDHEC suit, mais avec un écart déjà significatif. Puis, un second groupe apparaît, composé notamment de l’IESEG et de l’EMLYON, où moins d’un étudiant sur deux atteint ce niveau.
Ces résultats ne sont, en réalité, pas surprenants. Ils confirment des tendances déjà connues. Mais leur intérêt réside ailleurs : ils permettent de quantifier concrètement des écarts de niveau que l’on perçoit souvent de manière diffuse.
Un indicateur encore trop ignoré
Ce qui frappe, c’est à quel point cet indicateur est peu utilisé dans les choix d’orientation. Les classements traditionnels privilégient des critères institutionnels ou des résultats à la sortie, mais s’intéressent rarement au profil des étudiants à l’entrée.
Pourtant, c’est un signal extrêmement puissant. Une école capable d’attirer une forte proportion de très bons élèves envoie un message clair : elle est perçue comme désirable par les meilleurs profils. Cela ne veut pas dire qu’une école est “bonne” ou “mauvaise” de manière absolue. Mais cela permet de mieux comprendre ce que l’on rejoint réellement.
Rappel sur les programmes post-bac en 5 ans
Je l'ai déjà évoqué précédemment sur ce blog mais je pense que s’engager dès 18 ans dans un programme en 5 ans est rarement une décision optimale. Par conséquent je vous recommande vivement de privilégier les programmes de type "bachelor" et "BBA" aux PGE en 5 ans.
Je développe ce point plus en détail dans cet article : La pire erreur d’orientation à 18 ans : s’engager 5 ans dans une école de commerce post-bac sans comprendre les enjeux.
Ce qu’il faut retenir
Au fond, cette analyse rappelle une chose simple : le choix d’une école ne devrait jamais se faire uniquement sur son image ou son positionnement dans un classement. Le niveau des étudiants qui y entrent est un indicateur concret, mesurable, et particulièrement révélateur.
Dans un paysage devenu extrêmement dense — et parfois difficile à décrypter — ce type de lecture apporte un éclairage utile, complémentaire aux discours officiels.
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Choisir une école de commerce est devenu complexe. Entre les classements, les promesses marketing et la réalité du terrain, il est facile de faire un choix qui ne correspond pas réellement à ses objectifs.
C’est précisément pour cela que j’ai créé Objectif Sup de Co : pour apporter un regard clair, structuré et indépendant sur ces questions.
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