Parcoursup est-il vraiment responsable de tous les maux ?

Chaque année, à l’approche des résultats de Parcoursup, la même inquiétude revient. Pour les lycéens comme pour leurs parents, la plateforme est souvent synonyme de stress, d’attente et parfois de déception. Lorsqu’un élève reçoit plusieurs refus malgré de bons résultats scolaires, il est tentant de considérer Parcoursup comme responsable de la situation. Pourtant, le problème est sans doute plus profond. Parcoursup est avant tout le révélateur d’une réalité nouvelle : l’enseignement supérieur s’est massifié, alors que le nombre de places dans les formations les plus demandées reste limité.

10/9/20264 min read

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Toujours plus de candidats, mais pas toujours plus de places

En 2026, plus d’un million de candidats ont pu consulter les réponses à leurs vœux sur Parcoursup. Le nombre de candidats continue ainsi de progresser, notamment sous l’effet de la hausse des réorientations et des candidatures de personnes ayant interrompu leurs études.

Cette évolution n’est pas sans conséquence. Lorsque davantage de candidats se positionnent sur des formations dont les capacités d’accueil évoluent peu, la sélection devient mécaniquement plus importante.

Le problème n’est donc pas que Parcoursup sélectionne "mal" (d'ailleurs Parcoursup ne sélectionne pas en vérité). C’est que la demande dépasse, dans de nombreuses formations, l’offre disponible.

Le bac ne garantit plus une place dans la formation de son choix

C’est probablement l’un des changements les plus importants de ces dernières décennies.

La proportion de jeunes obtenant le baccalauréat est aujourd’hui très élevée. Le bac est devenu un diplôme largement partagé, ce qui constitue évidemment une démocratisation importante de l’accès à l’enseignement secondaire.

Mais cette démocratisation a aussi une conséquence : le baccalauréat ne peut plus jouer le même rôle de filtre qu'autrefois.

Obtenir le bac permet d'accéder à l'enseignement supérieur, mais ne garantit évidemment pas d'obtenir une place dans la formation souhaitée. Et encore moins dans une formation particulièrement sélective.

C’est là que les attentes des familles peuvent parfois entrer en contradiction avec la réalité du système. Un élève qui obtient 14 ou 15 de moyenne peut avoir l'impression d'avoir un très bon dossier. C'est parfaitement compréhensible. Mais si de nombreux autres candidats présentent des résultats a minima équivalents, cette moyenne ne suffit plus nécessairement à distinguer le dossier.

La question n'est alors plus seulement : "Est-ce que mon enfant a un bon dossier ?" mais plutôt : "Comment son dossier se situe-t-il par rapport à ceux des autres candidats ?"

Parcoursup n'a pas créé la compétition

C'est sans doute l'un des paradoxes de Parcoursup.

La plateforme est devenue le symbole de la sélection dans l'enseignement supérieur, alors qu'elle n'est finalement qu'un outil permettant de mettre en relation des candidats et des formations.

Supprimer Parcoursup ne supprimerait donc pas mécaniquement la sélection. Il faudrait toujours déterminer qui peut accéder aux formations lorsque le nombre de candidats est supérieur au nombre de places disponibles.

D'ailleurs, le système précédent, Admission Post-Bac (APB), n'était pas exempt de difficultés. Dans certaines formations en tension, le tirage au sort pouvait notamment être utilisé pour départager les candidats.

Le véritable sujet est donc moins le nom de la plateforme que la façon dont nous organisons l'accès à l'enseignement supérieur dans un contexte de massification des études.

Pour les lycéens, la difficulté commence bien avant Parcoursup

Il serait toutefois réducteur de considérer que Parcoursup n'est qu'un problème technique.

La plateforme intervient aujourd'hui dans un parcours d'orientation qui commence très tôt au lycée. Choix des spécialités, résultats scolaires, appréciations des enseignants, projet de formation : progressivement, les décisions prises en seconde et en première peuvent avoir des conséquences sur les possibilités d'orientation après le bac.

Pour un lycéen, cela peut donner l'impression d'être évalué en permanence.

Cette situation est particulièrement importante pour les élèves qui visent des formations sélectives. Dans ce contexte, l'orientation commencer bien avant de remplir ses vœux sur Parcoursup.

Les écoles de commerce offrent justement plusieurs stratégies

C'est aussi ce qui rend l'orientation vers les écoles de commerce intéressante.

Contrairement à une idée parfois répandue, Parcoursup ne constitue pas nécessairement une unique chance à saisir après le bac. Certaines écoles de commerce recrutent directement après le lycée, tandis que d'autres voies permettent de rejoindre une Grande École plus tard, notamment après une licence ou un bachelor.

Un élève qui n'intègre pas l'école qu'il visait à 18 ans n'est donc pas condamné à abandonner son projet.

Il peut par exemple choisir une licence universitaire, intégrer une autre formation puis préparer une admission sur titre, ou encore construire progressivement son parcours avant de candidater à une Grande École.

L'enjeu est alors de ne pas confondre un refus sur Parcoursup avec un échec de son projet d'orientation.

Mieux vaut donc raisonner en stratégie qu'en "vœu idéal"

Dans un contexte où les formations sont de plus en plus demandées, la bonne stratégie consiste à éviter de tout miser sur quelques formations particulièrement sélectives.

Cela ne signifie pas qu'il faut renoncer à ses ambitions. Au contraire : il s'agit de construire un parcours avec plusieurs scénarios cohérents.

Pour un lycéen qui souhaite intégrer une école de commerce, cela peut vouloir dire identifier plusieurs écoles correspondant réellement à son projet, mais aussi réfléchir à des alternatives permettant de conserver une possibilité d'intégrer plus tard une Grande École.

C'est finalement l'un des enseignements importants de Parcoursup : l'orientation ne devrait pas être pensée comme un classement définitif à 17 ou 18 ans, mais comme la construction progressive d'un parcours.

Parcoursup peut être amélioré, ses critères peuvent être davantage expliqués et son fonctionnement peut certainement être rendu plus lisible. Mais supprimer la plateforme ne ferait pas disparaître le problème fondamental : lorsque le nombre de candidats augmente plus vite que le nombre de places dans certaines formations, une sélection est inévitable.

La vraie question est donc peut-être moins de savoir comment supprimer Parcoursup que de savoir comment mieux accompagner les lycéens dans un enseignement supérieur devenu plus massif, plus concurrentiel et plus complexe.

Et pour les familles, cela implique surtout de ne pas attendre le second semestre de la terminale pour commencer à réfléchir à l'orientation.

Besoin d'y voir plus clair ?

Chez Objectif Sup de Co, j'accompagne les lycéens et leurs parents dans la construction d'une stratégie d'orientation vers les écoles de commerce : choix des formations, comparaison des différentes voies d'accès et réflexion sur les alternatives possibles.

Découvrez l'accompagnement Objectif Sup de Co et préparez votre orientation avec une stratégie claire et adaptée à votre projet.