Le concours ACCÈS supprime ses épreuves écrites en 2027 : un tournant pour les écoles de commerce post-bac ?
À partir de 2027, le concours ACCÈS abandonnera ses épreuves écrites de sélection. Les candidats souhaitant intégrer l'ESDES, l'ESSCA ou l'IÉSEG seront désormais départagés sur la base de leur dossier Parcoursup et d'épreuves orales. Une évolution importante pour l'un des principaux concours d'entrée en école de commerce post-bac, qui intervient dans un contexte de baisse du nombre de candidats. Derrière cette réforme se posent plusieurs questions : les épreuves écrites étaient-elles réellement indispensables pour sélectionner les meilleurs profils ? Cette décision traduit-elle les difficultés croissantes des écoles de commerce post-bac à attirer les lycéens ? Et surtout, quelles seront les conséquences pour les candidats, notamment ceux dont le dossier scolaire est moyen ?
10/2/20265 min read
Le concours ACCÈS abandonne ses épreuves écrites dès 2027
À compter de la session 2027, le concours ACCÈS modifiera en profondeur ses modalités de sélection. Jusqu'à présent, les candidats devaient passer des épreuves écrites communes, avant d'être éventuellement convoqués aux oraux. Ce dispositif laissera désormais place à une sélection fondée sur l'examen du dossier Parcoursup et des épreuves orales.
Cette réforme intervient alors que le concours connaît une baisse sensible de son attractivité. La suppression des écrits constitue donc un changement majeur, mais aussi une réponse à un contexte de recrutement moins favorable.
Pour les écoles, cette évolution présente plusieurs avantages. L'organisation d'épreuves écrites communes représente en effet un coût logistique et financier non négligeable. Leur suppression pourrait ainsi permettre de rationaliser le processus de sélection, tout en facilitant les candidatures.
Les écoles mettent également en avant leur volonté de diversifier les profils recrutés. En s'appuyant davantage sur les dossiers scolaires et les entretiens, elles entendent notamment mieux prendre en compte les parcours et les qualités individuelles des candidats.
La fin des écrits : une évolution qui ne fait pas nécessairement l'unanimité
La suppression des épreuves écrites n'est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. Après tout, rien ne démontre qu'un concours écrit constitue l'unique moyen d'identifier les étudiants les plus prometteurs. Les classes préparatoires, par exemple, sélectionnent des étudiants sur dossier, sans organiser de concours d'entrée. De nombreuses formations universitaires fonctionnent également sur ce principe, sans que cela remette en cause leur capacité à former des étudiants de qualité.
Les épreuves écrites présentent néanmoins un avantage important : elles offrent une seconde chance aux candidats dont les résultats scolaires ne reflètent pas nécessairement le potentiel. Un lycéen qui a connu des difficultés en première ou en terminale, mais qui dispose de solides capacités de raisonnement, pouvait ainsi se démarquer lors des épreuves du concours ACCÈS. Avec la nouvelle formule, cette possibilité disparaît en grande partie.
Le dossier Parcoursup devient donc déterminant pour franchir la première étape de la sélection. Or, les notes ne reflètent pas toujours fidèlement les aptitudes d'un candidat. Les différences de notation entre lycées, les accidents de parcours ou encore les progrès réalisés en cours d'année peuvent pénaliser certains profils. Les épreuves écrites permettaient, au moins partiellement, de compenser ces écarts.
Il reste à voir dans quelle mesure les oraux permettront de rééquilibrer la sélection. Ils peuvent certes valoriser la motivation, la personnalité et les capacités d'argumentation, mais ils interviennent après l'examen du dossier. Un candidat dont les résultats scolaires sont jugés insuffisants pourrait donc ne jamais avoir l'occasion de défendre son profil devant un jury.
La baisse des candidatures, un signal pour les écoles de commerce post-bac
Difficile, par ailleurs, de dissocier cette réforme du contexte dans lequel elle intervient. Avec 5 058 candidats en 2026, contre 5 800 un an plus tôt, le concours ACCÈS enregistre une baisse de près de 13 % de ses candidatures. Cette évolution interroge sur l'attractivité des programmes Grande École post-bac, et plus largement sur la capacité des écoles à convaincre les lycéens de s'engager dans des études longues et coûteuses.
Les écoles ont évidemment intérêt à maintenir leurs effectifs. La suppression des épreuves écrites peut donc également être interprétée comme un moyen de rendre le concours plus accessible et d'élargir le vivier de candidats. La baisse des frais d'inscription, qui passent de 210 à 190 euros en 2027, s'inscrit d'ailleurs dans cette évolution.
Il serait toutefois réducteur d'expliquer cette baisse des candidatures par les seules modalités du concours. Le choix d'une école de commerce post-bac représente un engagement financier et personnel important. Les frais de scolarité cumulés sur cinq ans peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros, alors même que les lycéens ont encore une idée parfois imprécise de leur projet professionnel.
Dans ce contexte, les formations post-bac doivent convaincre les familles de la pertinence de leur modèle, notamment face aux possibilités offertes par l'université, les IAE ou les admissions parallèles des grandes écoles.
École de commerce post-bac : faut-il encore s'engager dès le bac ?
La réforme du concours ACCÈS soulève finalement une question plus large : celle de l'intérêt d'intégrer directement une école de commerce après le baccalauréat.
Les programmes Grande École post-bac présentent des avantages réels : un cursus progressif en management, une vie associative développée, des expériences internationales et, dans certains cas, une spécialisation progressive. Ils permettent également aux étudiants de bénéficier d'un accompagnement relativement personnalisé dès les premières années.
Mais ces atouts doivent être mis en perspective avec les alternatives existantes. Un étudiant peut tout à fait commencer par une licence en économie-gestion, un BUT ou une autre formation universitaire, avant de candidater à une grande école par la voie des admissions sur titre (AST). Il peut ainsi attendre quelques années avant de choisir son établissement et son programme, avec une meilleure connaissance de ses aspirations.
Cette stratégie présente également un intérêt financier potentiel. Deux ou trois années dans le public, suivies d'une intégration en admissions parallèles, peuvent permettre de réduire le coût global des études, même si les frais de scolarité et les possibilités d'admission varient fortement selon les établissements.
Il faut toutefois garder à l'esprit que les admissions parallèles ne constituent pas une voie automatique vers les écoles les plus sélectives. Elles supposent de bons résultats académiques et une préparation sérieuse du dossier et des éventuelles épreuves de sélection. Par ailleurs, les places offertes et les conditions d'admission diffèrent d'une école à l'autre.
Pour autant, cette voie mérite d'être pleinement considérée par les lycéens qui hésitent à s'engager dans un cursus de cinq ans dès le baccalauréat.
Faut-il en conclure que les écoles de commerce post-bac sont en déclin ?
La suppression des épreuves écrites du concours ACCÈS constitue une évolution importante, mais elle ne signe pas pour autant la fin des écoles de commerce post-bac. Ces dernières conservent des arguments. En revanche, la réforme intervient à un moment où leur modèle doit faire face à plusieurs interrogations : la baisse des candidatures, le coût des études et la concurrence croissante des autres parcours d'accès aux grandes écoles.
L'abandon des écrits peut être lu comme une adaptation des modalités de sélection à ces nouvelles contraintes. Il reste néanmoins à observer ses effets concrets sur la diversité des profils recrutés et sur la sélectivité du concours.
Pour les lycéens, cette évolution rappelle surtout qu'il ne faut pas limiter sa réflexion au seul choix d'une école. Comparer les différents parcours possibles, leurs coûts, leurs débouchés et leurs modalités d'admission est essentiel avant de s'engager dans des études supérieures.
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